Dossier : le Magal de Touba, un évènement à la dimension de Cheick Ahmadou Bamba

Ahmadou Bamba Mbacké ou Sergine Touba, est venu au monde au mois de Muharram de l’an 1270 après l’Hégire (calendrier musulman) soit vers 1853 ou 1854 de l’ère chrétienne, à Mbacké Baol (village fondé par son arrière-grand-père Muhammad Al Khayr). Sa famille brillait par sa sagesse et sa piété: sa mère Mariama Bousso vertueuse et pieuse, était surnommée Djaratoullah, la proche d’Allah, son père Muhammad ibn Habiballah, aussi appelé Mor Anta Salli, était un jurisconsulte réputé et un imam très respecté auprès des musulmans.

Cheikh Ahmadou Bamba employait tout son temps entre la prière, la lecture et l’enseignement qu’il dispensait à ses nombreux disciples en plein air. Il avait l’habitude de se servir du sol sablonneux en guise de tableau sur lequel il dessinait avec son doigt des petits schémas destinés à soutenir ses démonstrations et à aider la mémoire de ses auditeurs.

Le mot « Magal » est apparu pour désigner cette célébration que les mourides, organisent le 18 safar de chaque année, sur les ordres du Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du Mouridisme, lui-même. Cette célébration est devenue l’un des plus grands évènements religieux du Sénégal qui attire à Touba, chaque année, de très grandes masses humaines composées de différentes franges de la société.

Il est essentiel de rappeler et de préciser que Cheikh Ahmadou Bamba n’avait recommandé la célébration du 18 safar que dans le seul but de mettre en application des ordres reçus de Dieu et non pas uniquement de perpétuer sa commémoration. Pour comprendre l’origine du Magal, il est fondamental de comprendre les épreuves et les bienfaits de l’exil du Saint Homme. Déjà dans la deuxième moitié du XIXème siècle, le Sénégal, comme la plupart des pays d’Afrique occidentale, était sous le joug de la domination coloniale qui avait fini d’étendre ses tentacules sur l’ensemble du territoire.

Après avoir conquis les royaumes et hypothéqué le système économique et social, le colonisateur postulait une lutte à outrance contre l’Islam qui constituait le principal obstacle à sa stratégie de domination politique et d’aliénation culturelle. En effet, selon les mots de Cheikh Anta Diop, « l’impérialisme culturel est la vis de sécurité de l’impérialisme économique ». C’est dans ce contexte particulièrement difficile et défavorable à l’Islam, devenu orphelin, qu’apparut Cheikh Ahmadou Bamba avec comme mission de secourir ses concitoyens, déboussolés et persécutés, pour leur offrir un cadre adéquat où les uns et les autres allaient pouvoir adorer leur Seigneur. Des masses accoururent vers lui pour bénéficier de ses enseignements et de son éducation qui transcendaient les contingences terrestres pour s’inscrire dans la voie tracée par son Seigneur. Sa notoriété et son aura, toujours grandissantes, suscitèrent jalousie chez certains notables et chefs traditionnels, et crainte à l’autorité coloniale. Il fut entre autres accusé de vouloir organiser la Guerre sainte contre l’occupant, accusation d’autant plus infondée et invraisemblable que le Cheikh était catégoriquement opposée à toute forme de violence.

Son seul recours et protecteur était son Seigneur, Le Tout-Puissant ; sa seule préoccupation était de vivifier la tradition du Prophète Mohammad (PSL) dont il est devenu un serviteur privilégié. La commémoration du Magal de Touba consacre ainsi l’œuvre immense Cheick Ahmadou Bamba.

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Source : Etude sur l’impact religieux du Magal de Touba, Sam Boussou Abdourah-mane

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novembre 6, 2017

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