Le Blog de Yéro Guissé

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14 Avril 2001 – 14 Avril 2020, El Hadji Tidiane Anne, 19 ans déjà !

14 Avril 2001 – 14 Avril 2020, El Hadji Tidiane Anne, 19 ans déjà !

Rien que l’évocation de ce nom, dans le milieu Hal Pular, suscite des émotions vives,partagées entre estime de sa personnalité et chagrin de l’avoir perdu assez prématurément. Dédié à la culture, Tidiane Hane va consacrer toute sa vie à la vulgarisation de la langue et des coutumes de son milieu d’origine. Né dans le Podor, il aura une vie certes relativement courte puisqu’il meurt quadragénaire. Mais son vécu, au demeurant très apprécié, fera de lui l’un des ambassadeurs du Pulaagu les plus respectés.

Les premiers pas d’un futur ambassadeur culturel

C’est en 1955 que nait Tidiane Hane à GamadiSaré, au Podor. Comme il était de coutume chez les enfants de cette contrée du Fouta, Abou (son autre nom) va d’abord fréquenter l’école coranique pour l’apprentissage et la mémorisation du Live Saint. Réputé intelligent, Tidiane Hane intégrera par la suite l’école française, des études qui seront sanctionnées par l’obtention du diplôme du Certificat de fin d’études élémentaires et de l’entrée en sixième. A l’époque, le Foutarestait pourtant une contrée assez réfractaire à l’école française considérée souvent comme un moyen d’assimilation.

L’éducation culturelle de base comme arme, Tidiane Hane va déposer ses baluchons à Saint-Louis, afin de poursuivre ses études du cycle moyen et secondaire. Il va côtoyer dans cette ville culturellement vivante- la Salsa et le Jazz faisaient les beaux jours de la cité- des hommes foncièrement ancrés dans le Pulaagu, notamment un certain Baaba Maal. Bien qu’élève désireux de réussir, Tidiane Hanen’envisage pas la possibilité d’une vie en dehors de la culture. Il se donnera ainsi à fond dans la valorisation et la vulgarisation du Pulaagu, ambition qu’il nourrira jusqu’à Dakar.

Un homme de la radio au service du Pulaagu

Quel cadre meilleur que la radio pour réaliser ce projet ambitieux ? Tidiane Hane aura le privilège de s’offrir une plus grande audience en se présentant au studio de la radio Sénégal international (RSI). Ses débuts en radio sont rendus possibles par des hommes tels que Sileye Ndiaye et Samba Thiam qui, ayant très tôt compris son apport et le sens de son engagement, ne se lassaient de l’inviter dans leur émission intitulée « Andu, saa andi, andin » qui signifie littéralement « Sais, si tu sais, fais savoir ». La thématique principale de cette émission était de faire découvrir et de vulgariser le Pulaagu (façon de vivre et de penser Pulaar).

Cette vitrine qui lui est offerte permettra plus tard à Tidiane Hane de prendre officiellement service à la Radio, tantôt comme reporter, tantôt comme présentateur culturel. Même dans ces reportages où il était envoyé par la rédaction, l’ambassadeur du Pulaagu ne manquait jamais l’occasion de traduire ses papiers en pulaar. Il aura ainsi largement contribué à redorer l’image des langues nationales, notamment le Pulaar, dans un pays de plus en plus complexé dans son usage du Français comme langue officielle. Tant qu’à dire, des hommes comme Tidiane Hane ont réussi à « décomplexer » l’usage des langues nationales dans les bulletins d’informations et autres émissions phares des médias, tel qu’on le constate aujourd’hui.

Son indéfectible attachement au Pulaagu le mènera en voyage d’études, de recherches, ou d’immersion culturelle dans des pays de la sous-région où la langue pulaar est parlée. A la fin des années 80, Hane devient une grande figure de la Radio et du monde Pulaar. Ses séjours dans les stations du Nord (Saint-Louis) au Sud (Casamance) seront une grande aubaine pour le très culturel Tidiane de se faire écouter et comprendre par des auditeurs qui, peut-être, n’avaient jamais été en contact avec le Pulaar auparavant. Il développait ainsi son sens du partage.

Mort dans un accident tragique

Alors qu’il venait fraichement du pèlerinage à la Mecque, El Hadji Tidiane Hane va être victime d’un accident tragique qui lui coûtera la vie. En décidant de couvrir une tournée politique du parti au pouvoir dans son Foutanatal, le 14 avril 2001, Tidiane Hane ne savait pas qu’il avait rendez-vous avec la mort. Sa voiture se renversera subitement aux environs de Tarédji, en pleine journée. Le journaliste est mort avant même d’être évacué à l’hôpital de Ndioum où il devait être évacué. Il sera inhumé dans son terroir natal, Gamadji Saré.

Décédé à l’âge de 46 ans, ses ouvres lui survivent et Tidiane occupe toujours cette place qu’il mérite dans le cœur des siens et de tous les hommes de culture. Ses amis mettront sur pied, plus tard, une association pour perpétuer son œuvre : Regroupement des amis de Tidiane Hane pour l’alphabétisation et le développement (Rathadev). Ce geste témoigne de l’excellente estime dont Tidiane Hanebénéficiait au sein de la communauté sénégalaise en général, celle pulaar, en particulier.

Auteur – SeneNews.com

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Yero GUISSE

Blogueur, Activiste, Rédacteur Web et Entrepreneur, Yéro GUISSE est un jeune Sénégalais passionné des nouvelles technologies et des nouveaux médias. . J'essaie à travers ce blog d'apporter mes idées et mes contributions sur la marche de mon pays. Je suis pour un Sénégal des valeurs.

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