La stigmatisation et la malhonnêteté flagrante sur l’héritage politique des peuls en Afrique : le cas de “Dakar Times”

Répartis variablement dans une quinzaine de pays de l’afrique Subsaharienne sur une population de 30 millions hbts( estimation de jeune afrique en 2013), aucune ethnie n’a autant attiré l’attention des médias que les peuls. Depuis les années 2000, une importante production écrite, est consacrée sur la planète peule.

Dans son Edition du 23/05/2002, le journal Africa intelligence, à court d’inspiration, titrait, pour annoncer l’élection de Amadou toumani touré: ATT, un peul au pouvoir. C’est dans cette vague que s’inscrit le numéro 2721 du 3 au mars 2012 du magasin hebdomadaire de Jeune afrique titré en gros caractère: Les peuls, enquête sur une identité remarquable. En 2018 c’est le journal le Monde qui publie sur son site internet, En Afrique, le fantasme d’une « communauté peule » radicalisée.

Dans sa parution du 31 août 2020, titrant à la Une : “Afrique de l’ouest, LES PEULS AU POUVOIR”, le quotidien nous offre une analyse amphigourique et alambiquée sur les peuls dans un langage scientifiquement et anthropologiquement prétentieux. Les peuls au pouvoir, voilà une pure et indiscutable raisonnement tautologique imbue de mauvaise foi et empreint de nonchalance historique.

Les peuls, les pionniers de la démocratie en Afrique subsaharienne.

Du royaume de tekrour de koli tenguella au 15é siècle à l’Etat théocratique des almamy (1776-1880) de thierno souleymane baal au Sénégal en passant par l’Etat théocratique du Fouta Djallon(1725-1896) de Alpha Ibrahim en Guinée Conakry, de l’empire peul du Macina (1818-1862) de Sékou Amadou puis de l’empire Toucouleur de Cheikh Oumar Foutiyou Tall(1862-1893) au mali et de l’empire Sokoto Fodio(1804-1897) de Ousman Dan Fodio au Nigeria et une partie du Cameroune septentrionale, les peuls étaient toujours au pouvoirs. L’Afrique occidentale doit énormément à ces hommes, ces Etats et ces empires autant sur le plan politique que sur le plan humain.

La révolution de ceerno souleymane baal de 1776

Parler de l’histoire politique de l’Afrique précoloniale sans commencer par la révolution de Thierno Souleymane Baal en 1776, c’est expliquer la naissance de la démocratie américaine sans mentionner George Washington, tant c’est la première révolution politique mondiale au sens moderne du terme. Révolution entendue comme “ une crise politique grave dont l’issue est l’effondrement du régime en place et l’adoption d’une nouvelle organisation politique, sociale et économique”. Olivier N (dir), 2014, lexique de science politique,dalloz. Pour la situer dans le contexte des révolutions mondiales, la révolution des Almamy eut lieu en 1776 au même moment que la révolution américaine de 1776 soit 13 ans avant la révolution française de 1789.

Comme toutes les révolutions atlantiques, elle était mue par l’idée de liberté, de justice, de l’équité sociale, de souveraineté nationale. Le triomphe des idées révolutionnaires, marque l’avènement de la deuxième république théocratique appelée Almamya après celle de koli Tenguela . Elle a pour conséquence la dissolution du régime denyanke et la mise en place de nouvelles institutions politiques et administratives originales. Le caractère democratique de ces institutions était tel qu’elles ont porté 33 almamy au pouvoir sur une période 114 ans( 1776-1880) répartis dans une dizaine de village. Ceci s’explique par les pleins pouvoirs du Grands Corps électoral ou le conseil ( Jogorgal) et l’Assemblé Constituante( bantou Fouta) sur l’élection et la destitution de l’almamy «L’Almamy ne peut rien faire sans l’avis du conseil. Lorsqu’ils sont mécontents de ce chef, ils se retirent pendant la nuit dans un lieu élevé ; après une longue délibération, l’Almamy est renvoyé ; un autre est sur le champ élu à sa place ; ils le font venir devant eux et lui adressent ces mots : «Nous t’avons choisi pour gouverner notre pays avec sagesse» écrit MOLLIEN .

Dans le théâtre des combats, sentant que sa fin est imminente, Ceerno soulaymane laisse certaines recommandations à ses concitoyens: : «Je ne sais pas si je vais mourir dans cette bataille, [mais], si je meurs, nommez [à ma place] un imam savant, pieux et ascète, qui ne s’intéresse pas à ce monde; et si vous constatez que ses biens s’accroissent, destituez-le et dépouillez-le de ses biens: et s’il refuse d’abdiquer, combattez-le et chassez-le afin qu’il n’établisse pas une tyrannie dont ses fils hériteront. Remplacez-le par un autre, parmi les gens du savoir et de l’action, de n’importe quel clan. Ne laissez jamais le pouvoir à l’intérieur d’un seul clan afin qu’il ne devienne pas héréditaire. Mettez au pouvoir celui qui le mérite, celui qui interdit à ses soldats de tuer les enfants et les vieillards sans force, de déshabiller [violer] les femmes, et à plus forte raison de les tuer.» extrait de Florilège au jardin de l’histoire des Noirs Zuhur al Basatin : 1. L’aristocratie peule et la révolution des clercs musulmans (vallée du Sénégal).de Cheikh Moussa Camara .

Ces recommandation empreintes de justice, de bonne gouvernance, d’éthique de responsabilité politique, de transparence et d’égalité constituent le versant democratique de l’almamy du Fouta. Pourtant, réunissant toutes les qualités, l’élève de Pir, avait décliné l’offre unanime de ses concitoyens de les diriger sous ces termes «Je veux rester seulement un combattant pour le Fouta» . C’est pour cette raison, que Thierno Souleymane baal ne fut jamais Almamy du Fouta.

Cette attitude citoyenne et patriotique rare chez les hommes surtout en afrique, l’érige comme une phare dans le siècle des lumières. A cet effet, ces contemporains n’ont pas manqué d’éloge à son égard. «ce roi (Thierno Souleymane BAAL), ayant été élevé dans la classe des prêtres, a apporté sur le trône plus de lumière que ses prédécesseurs». écrit Ainsi, Jérôme PETION de VILLENEUVE (1756-1794). Pour Carl Bernhard WADSTROM (1746-1799), l’enfant de bodé était «un homme dont l’esprit a été plus cultivé que celui des autres princes noirs, qui s’est rendu tout à fait indépendant des Blancs».

La lutte symbolique contre l’esclavage.

Dans la première hégémonie peule, le fouta toro de koli tenguella à almami abdul, Oumar kane affirmait “tous les Fulbés( peuls) riches ou pauvres,chefs territoriaux ou simple berger partagent la même idéologie le poulagu qui met en avant leurs valeurs. Selon eux, le Poullo( peul) est beau, génereux, libre et entend le rester. Cette boulimie de liberté explique leur aversion à l’esclavage”.

Cette soif insatiable de liberté n’échappe pas au constat juste du Roger Baron, selon lui, les peuls “ sont passionnés pour la liberté”. Alliants conviction et l’action, les Almamy ont joué un role important dans l’abolition de l’esclavage en afrique. Contrairement aux idées reçues dans nos écoles, l’esclavage etait aboli avant 1848. Le fouta Toro fut le premier Etat à abolir la traite des esclaves dans son territoire sous la diligence intransigeante du premier Almamy du Fouta en l’occurrence Abdoul Kader Kane. Toujours en suivant la plume de Roger Baron, les peuls “après leur Révolution en 1775, l’esclavage fut proscrit, on n’y admit aucun nouvel esclave, chose bien remarquable tout ancien esclave devient libre, dès qu’il sut lire.” Dans cette ordre de temoignage, G-Th MOLLIEN décrit ainsi les peuls « ils possèdent une grande qualité : ils ont un esprit national. Ils ne se vendent entre eux ; c’est ce dont quelques peuples civilisés de l’Europe peuvent se vanter. Quand ils apprennent qu’un de leurs compatriotes, a été vendu, ils vont l’enlever des mains de ceux qui l’ont acheté». Devant ces valeurs universelles qu’incarnent les peuls dans le siècle les lumiere, même louis Faidherbe, malgré sa haine sur ce peuple, avoua l’instransigeance de cette ethnie face à l’esclavage dans sa «notice sur le Sénégal» «Ils ne manquent pas de qualités : l’attachement à leur religion, leur patriotisme, leur haine de l’esclavage ; aucun citoyen du Fouta n’est jamais réduit en esclavage ; ils ne font d’esclaves que sur les infidèles.»

Fouta est un îlot de paix et de sécurité pour tous les africains dans un continent où les indigènes, sous le regard complice de leurs dirigeants, étaient vendus comme des marchandises aux blancs. C’était une terre promise de tous les individus soif de justice et de liberté. Tel fut l’apport des peuls dans la lutte contre le complexe d’infériorité des noirs face aux occidentaux.

L’instinct de survie des Etats face aux sensibilités ethniques des dirigeants

Les Etats ont des raisons que les configurations ethniques ignorent. A l’instar des individus, les unités politiques sont des sujets rationnels, objectifs, calculateurs et mûs par un perpétuel intérêt subordonné intrinsèquement à leur sécurité nationale laquelle conditionne leur stabilité intérieure et leur survie extérieure.

C’est ce que le Cardinal Richelieu appelle la raison d’Etat pendant la guerre de 30 ans et que Nicolas Machiavel a théorisé la raison politique dans le Prince. Celle-ci désigne une “doctrine politique justifiant que le pouvoir civil recourt à la force lorsque l’Etat fait face à une menace grave et imminente” Olivier N (dir), 2014, lexique de science politique,dalloz.

Elle fut déployée par le Cardinale Richelieu pendant la guerre de 30 ans(1618-1648). Une guerre religieuse sur un fond politique. Religieux, parce que elle opposait les catholiques et les protestants . Politique, en effet elle mettait face à face le camps des Habsbourg et le saint Empire d’une part et les Etats Allemands protestant d’autre part. Cependant ses conséquences géopolitiques ont impliqué tous les Etats européens ainsi que la France neutre jusqu’à 1635. Richelieu, alors cardinal de l’église catholique, ennemi juré des protestants, en dépit de son animosité dédaigneuse à l’égard de ces hérétiques religieux, s’allia pourtant, dans l’intérêt supérieur de la France, avec les protestants des pays voisins en vue de briser l’élan hégémonique des Habsbourg. Les convictions politiques du cardinal ont prévalu à ses principes religieux lorsque la sécurité de son pays était menacée. Cela va de soi qu’en politique la fin prime sur les moyens employés pour y arriver.

Le caractère cocardier de la raison d’Etat et l’atmosphère conflictuelle permanente des relations internationales, ont suscité la prudence du législateur français en 1958 au point de lui concéder un ancrage juridique dans l’article 16 de sa constitution qui stipule que: Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacés d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des Présidents des Assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel. Elle est mise en oeuvre par le General De Gaulle, du 23 avrile au 30 septembre 1961, lors du putsch des généraux d’algérie pour maintenir l’intégrité supérieur de la nation face aux menaces militaires des généraux déçus du règlement pacifique de la crise algérienne.

La raison d’Etat, c’est l’âme des Etats: elle est neutre, impersonnelle et dépasse les paramètres ethniques, la moralité des dirigeants quoique empathiques face au sort des évènements. Le président de la république incarnant individuellement cette notion, s’extrait, aussitôt qu’il est revêtu de cette fonction, de toute appartenance familiale, clanique, religieuse et ethnique.

En Afrique où les clivages ethniques sont si vives et les identités nationales aussi hétérogènes que perméables, l’élection d’un président au suffrage universel, n’est pas une projection de la prééminence d’une ethnie sur les autres mais plutôt une expression de l’unité nationale au delà des couleurs ethniques des électeurs. En effet, aucune ethnie ne constitue, à elle seule, une majorité électorale absolue pour porter son représentant au pouvoir sans le concours des autres.

Dès lors, le chef de l’Etat une fois élu n’est pas seulement le président de son ethnie mais de toute une nation dont il incarne les aspirations et préside la destinée, au demeurant, il doit “ être libre de toute appartenance, de toute idéologie, de tout systématisme et il ne doit incarner que l’intérêt général, c’est sa référence ultime et sa singularité” ( extrait du discours de Nicolas Sarkozy à villepinte en 2012).

L’enjeu sécuritaire de la politisation régionale de la question peule

Devant ces facteurs historiques indispensable dans l’analyse des crises actuelles, ce serait une inconsistance intellectuelle que de considérer l’alliance des Etats sur la base de l’appartenance ethnique de leurs dirigeants.

Dans le cas ouest-africains, une potentielle coalition des Etats dirigés par les peuls, ne serait déclenchée ou activée par le facteur ethique mais sur la convergence circonstancielle de leurs intérêts commun. Or, ces Etats ne partagent pas les mêmes valeurs politiques, ne subissent pas les même pressions populaires et électoralistes, n’ont pas le même niveau de développement économique, culturel et humain.
Par exemple,dans le souci de maintenir son unité territoriale dans le sud , toute la politique diplomatique du sénégal avec la gambie et la Guinée Bissau est guidée, depuis 1982, par la paix en Casamance quelle que soit l’appartenance ethnique des chefs d’Etat au pouvoir. De peur que les rebelles se replient dans ces deux Etats frontaliers, Dakar suit de près la politique intérieure de ses voisins. Le soutien impérieuse du président Macky sall à Adama Barro face à yaya Diamé de la Gambie et de Umaro Sissoco Embaló contre Domingos Simoes pereira de la Guinée-Bissau, est davantage motivé par la sécurité du sénégal que leur parenté peule. C’est pas parce qu’on partage la même culture, la même ethnie ou une même religion qu’on est forcément prédisposé à devenir des alliés.

Le refus du traitement politique ou la faible politisation de la question peule dans les institutions sous-régionale, malgré la vague importante des présidents depuis l’élection de macky sall en 2012, ne serait pas imputable à l’indifférence absolue des chefs d’Etats peuls mais plutôt à ses conséquences désastreuses sur la sécurité des Etats. Certains chefs d’Etats africains ont été prompt pour rallier à la marche de François Hollande à Paris condamnant les attaques de Charlie Hebdo en 2015, mais aucun chef d’Etat africain -peul ou pas- n’a foulé le sol malien pour condamner le massacre des 160 peuls du 23 mars 2019 dans le village de Oussagou. Dans le cas de Charlie Hebdo, l’enjeu sécuritaire primait tellement qu’il fallait choisir son camp devant le dillemne: la France ou le terrorisme.

Sur ce, ce serait une myopie scientifique que de résumer la solution de la question peul, dans la sous-région, sur le concours accidentel des circonstances lié à l’arrivée concomitante au pouvoir de buhari( Nigeria), Macky sall (senegal), emballo( Guinée-bissau) et de adama barro (Gambie) comme le souligne Dakar time. Surtout dans les régimes démocratiques où les alternances politiques, s’opèrent régulièrement et les mandat très court. D’autant que le président senegalais et Nigérian sont dans l’exercice de leur second et dernier mandat. Ces dirigeants obéissent à l’impératif de la sécurité de leurs Etats dont ils sont doublement comptables et responsables.
Appartenant à une même ethnie, le poular( langue des peuls) pourrait certe favoriser le dialogue entre les dirigeants peuls dans les colloques et conférences internationales sans recours aux interprètes, mais ne prédispose pas à une diplomatie peul au regard des raisons géopolitiques évoquées.

La construction psychologique et historique du péril peul.

L’ostracisme des peuls est un problème structurel, psychique et institutionnel. C’est un produit purement colonial, fabriqué systématiquement et successivement par les gouverneurs français pour asseoir leur domination en Afrique, face au nationalisme peul. “L’ostracisme que vivent parfois les Peuls en Afrique ne vient ni des Malinkés ni des Soussous ni des Wolofs ni des Djermas ni des Bambaras ni des Mossis, ni des Pygmées ni des Zoulous”. écrit Thierno Monembo. L’ostracisme des peuls, poursuit-il, vient de louis Faidherbe. Celui-ci considérait le nationalisme peul, imbu des idées de thierno Souleymane Baal, comme un frein à la domination française en Afrique, en atteste cette directive chargé de crainte et d’inquiétude:« Parmi les Indigènes que nous avons eu à coloniser, il y a une ethnie qui n’acceptera jamais notre domination. Et il se trouve que cette ethnie est très répandue sur notre ère de colonisation. Il est urgent et impératif pour notre présence en Afrique de réussir à les diviser et de leur opposer les autres ethnies moins rebelles. Car le jour où les Peuls se regrouperont, ils peuvent balayer sur leur passage toutes les forces coloniales. Nos gouverneurs doivent considérer cette action comme un devoir national ». Diviser les peuls pour régner était la stratégie de la politique française pour la conquête de l’afrique. “C’est ce qui explique ces inquiétudes et ces intentions agressives exprimées par le gouverneur Bouët-Willaumez en 1844, dans une lettre adressée au ministre des Colonies. Celui-ci précisait qu’il fallait « (…) travailler au démembrement du Fouta qui devient inquiétant par son esprit de domination, par le fanatisme de sa population et par l’étendue de son territoire ; ne lui laisser commettre aucun acte de violence sans le châtier vigoureusement (…) » écrit Ibrahima abou sall dans Mauritanie du sud, Conquêtes et administration coloniales françaises 1890-1945.
C’est dans cette volonté stratégique “d’opposer les autres ethnies moins rebelles” contre les peuls que François Bachelot gouverneur de saint louis(1785-1807) que la france forma une coalition autour d’elle des Etats de Bundun, kaarta, Xasso et l’emir tarza pour attaquer le Fouta de Almamy Abdoul Qadir Kane suite à son refus nationaliste et souverain de laisser les français naviguer librement dans le fleuve du Senegal. PETION de VILLENEUVE écrit “On lui a suscité des ennemis qui ont pillé ses frontières ; on a excité contre lui des Maures qui l’ont attaqué, qu’il a vaincus, et il est resté inflexible»

Aujourd’hui l’histoire est en perpétuel recommencement. A regarder de plus près, aux moyens des approches constructivistes des relations internationales, nous pourrions analyser la crise malienne et le regain vif de l’ostracisme peul à partir de l’intervention française en 2013, sous pretexte d’endiguer l’avancée du terrorisme.

Conclusion

Ce article, au delà de sa souffrance scientifique et son ambition prospective erronée, est un plagiat d’un article de l’agence de presse turque:https://www.aa.com.tr/fr/afrique/les-peuls-un-peuple-sans-fronti%C3%A8res-qui-accentue-l-embrouillamini-au-sahel-/600503.

Il alimente un débat stérile au relent ethnique et discriminatoire dans une région penchant au bord du précipice d’insécurité globale. Analyser l’arrivée au pouvoir des chefs d’Etat démocratiquement élu, dans des pays aux sociétés arc-en-ciel, sous un versant ethnique, c’est attiser volontairement les tensions communautaires existantes. Ceci n’est pas sans rappeler la responsabilité des médias dans la gestation et l’amplification des guerres civiles contemporaines notamment en afrique. En 1994, la radio des milles collines de Kigali, en raison de la partialité criminelle des journalistes d’obédience hutu power, ont forgé suffisamment une opinion publique orientée sur la haine des tutsis. Son traitement ethnique de l’information a semé les gènes de la genocide rwandaise dont on connaît les conséquences tragiques.
Dans un monde de communication et d’information, à défaut de silence, il importe de savoir ce que parler veut dire sous peine de verbiage incendiaire
Sans une éthique de responsabilité et une déontologie professionnelle, le journaliste peut constituer un danger à la cohésion sociale au même titre que le terrorisme. En effet, rien n’est plus préjudiciable à la démocratie, aussi parfaite qu’elle puisse être, que la dérive de la presse sur des sujets aussi sensibles que communautaristes surtout lorsqu’on ne maîtrise pas les paramètres géopolitiques et sociogénétique des Etats en Afrique de l’ouest. Rien encore n’est plus attentatoire à la coexistence des humains, des ethnies et des peuples qu’une presse malicieuse où certains journalistes, sous le manteau de la liberté d’expression, trempent leurs plumes dans les frustrations ethniques, pour vendre leurs journaux au prix de la paix sociale. La presse si indispensable soit-elle sous un régime democratique, à moins qu’elle soit orientée sur l’intérêt public, est une maladie dangereuse à la concorde nationale, parce qu’elle concourt au même titre que l’école à la fabrication de l’opinion publique nationale. Plus l’influence de la presse est considérable dans un État, plus l’explosion de contrat sociale est plausible, car, nous dit thomas hobbes-c’est dans le bon gouvernement des opinions que consiste le bon gouvernement des actions.

bibliographie

-SOH (Ciré, Abbas), Chroniques du Fouta sénégalais.
-Florilège au jardin de l’histoire des Noirs Zuhur al Basatin : 1. L’aristocratie peule et la révolution des clercs musulmans (vallée du Sénégal).de Cheikh Moussa Camara
-Dans l’hégémonie la première hégémonie peule, le fouta toro de koli tenguella à almami abdul
-https://blogs.mediapart.fr/amadouba19gmailcom/blog/050420/thierno-sileymane-bal-et-sa-revolution-1776-par-amadou-bal-ba

-http://www.nouvelledeguinee.com/article.php?langue=fr&type=rub2&code=calb12085
-Ibrahima abou sall Mauritanie du sud, Conquêtes et administration coloniales françaises 1890-1945

Amadou B Ba
Etudiant en master relations internationales
Institut des relations internationale et stratégiques de Paris( IRIS)
amadoub883@gmail.com

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Blogueur, Activiste, Rédacteur Web et Entrepreneur, Yéro GUISSE est un jeune Sénégalais passionné des nouvelles technologies et des nouveaux médias. . J'essaie à travers ce blog d'apporter mes idées et mes contributions sur la marche de mon pays. Je suis pour un Sénégal des valeurs.
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