Le Blog de Yéro Guissé

"Espace de Réflexion et de Partage, Mon avis sur l'Actualité !" Une Vitrine sur le Fouta !

Les défis de la jeunesse africaine (Par Amadou Ba)

Les défis de la jeunesse africaine (Par Amadou Ba)

Le covid 19 est un tournant majeur de la géopolitique internationale. Cette calamité a révélé la fragilité des économies néolibérales, la politique d’autruche voire l’impertinence des institutions internationales, les défaillances de la mondialisation, la vulnérabilité de l’espèce humaine face au péril et l’égalité des chances devant la mort mais surtout l’état d’âme de la jeunesse africaine.

Le covid 19 est passé de la démocratisation à la démocratie. Face à la discrimination, le favoritisme et l’injustice des lois civiles, il nous a rappelé les lois fondamentales de la nature: de la justice, l’équité, l’égalité, la pitié et la solidarité. Sous l’État du covid 19, tous les citoyens naissent libres et égaux.

Par ailleurs chers  frères et sœurs africains, le panafricanisme, le patriotisme, les idées, l’indignation, quoique nécessaires, ne sont pas des agents catalyseurs de l’indépendance

effective de nos États et de développement sans des  sacrifices et des actions concrètes de la jeunesse. Nos politiciens nous rabâchent que la force du continent réside dans sa jeunesse. Cela revient à dire faussement que les atouts de la république démocratique du congo demeure dans la richesse de son sous-sol. En réalité, la richesse de nos ressources humaines et naturelles aussi abondantes et enviables soient-elles demeurent à l’état brut tant qu’elles ne seront  pas exploitées à bon escient. Cela nous amène à constater lamentablement les problèmes du continent. Ces problèmes sont aussi structurels que civils

Le problème de l’Afrique ne procède pas seulement de la colonisation et de l’Occident. L’Occident n’a aucun pouvoir sur nous sauf celui qu’on lui concède volontairement dans notre imaginaire. Il faut s’affranchir de ce discours vertical et monocausal de notre sous-développement durable.

En être convaincu, c’est ignorer que l’Inde , les USA, la Corée du Sud, les pays latino-américains étaient aussi sous le joug coloniale. En être juge, c’est condamné  l’Occident éternellement et injustement  d’avoir poursuivi ses intérêts nationaux pour acquitter arbitrairement  nos dirigeants de n’avoir pas poursuivis les nôtres.

Il n’y a pas de sympathie en relations internationales, les amitiés sont déterminées uniquement sur la base des convergences circonstancielles des intérêts entre les acteurs et tous les États,naturellement égoïstes, rationnels et calculateurs, y sont animés par leurs intérêts. “Les Etats n’ont pas d’amis que des intérêts” , comme le disait le Général De Gaulle.

Lorsque l’intérêt des américains dépendait d’anéantir l’Irak, ils ont créé tous les artifices spécieux pour légitimer leur intervention. De la même manière lorsque la stabilité politique et sécuritaire de la région des grands lacs procédait de la chute de Joseph Mobutu le Rwanda de Paul Kagamé et l’Ouganda de Museveni se sont alliés pour le précipiter. Cela s’appelle le réalisme et la raison d’Etat. Que nos dirigeants fassent pareils lorsqu’il s’agit de nous protéger. La raison d’Etat est à une nation ce que l’âme est pour le corps humain. Elle représente l’instinct de survie d’un Etat quand tous les moyens diplomatiques sont épuisés. Tout homme d’Etat doit y recourir lorsque la sécurité de la nation est exposé immédiatement au péril. Toute nation qui se soustrait à ce concept substantiel, devient une colombe faible et sans défense.

Aussitôt que nos  dirigeants se draperont de cette notion fondamentale et se soucieront de nos intérêts nationaux, personne ne viendra nous donner des leçons dans nos Assemblées nationales et nous insulter dans nos universités à plus forte raison de nous tenir lieu de laboratoire pour tester des vaccins.

Conséquemment, le problème de  l’Afrique  procède avant tout de l’institutionnalisation imparfaite de nos États, pour ainsi dire  la négociation de nos indépendances au mépris de nos réalités et au préjudice de nos intérêts nationaux. Quand la source est polluée, la rivière le sera aussi. Les indépendances négociées ne sont pas assorties immédiatement d’un transfert complété de souveraineté nationale des peuples indigènes. Elles sont politiques et non économique. Or, l’indépendance politique  est consécutive à la souveraineté économique car  celle-ci  est la mamelle qui sustente une nation et pourvoit aux besoins vitaux de sa population. La bonne santé économique, toutes proportions gardées, est une source de bien-être sociale comme son défaut est délétère à la stabilité politique d’un Etat. C’est véritable cercle vicieux. Quelle que soit la solidité d’un régime politique, la vulnérabilité économique  des administrés est toujours un vivier de frustration redoutable pour sa survie.

Ensuite, aussitôt que  nos Etats sont sortis formellement du joug de la colonisation, ils sont entrés volontairement dans la servitude des institutions internationales qui définissent leurs politiques publiques budgétaire et monétaire. V

 Le  problème de l’Afrique, c’est une jeunesse aussi revendicative que démissionnaire lorsqu’il s’agit de prendre délibérément ses responsabilités face aux défis du continent. A la lisière du désespoir mêlé de nonchalance, la société civile africaine, toujours dans son état embryonnaire, est une pépinière d’idéologues épris de panafricanisme qui trempent constamment leurs plumes dans le poison, pour constater l’incompétence de ses dirigeants sans aucune proposition. Sauf que les idées sur le développement de l’afrique sont tellement intarissables qu’elles débordent dans toutes les contrées. Il suffit maintenant de les concrétiser congrûment sur le terrain. Un citoyen averti, n’attend pas des recommandations du gouvernement pour agir. Nous devons créer des associations  pour fédérer des forces vives qui puissent répondre aux besoin locaux.

 Le problème de l’Afrique c’est aussi une jeunesse émotive, victimaire et complexée qui rebondit et réagit uniquement sur les propos de ses  ennemis.

Le problème de l’Afrique c’est une jeunesse non initiée aux défis politiques majeurs du continent. Un comportement politique, le plus souvent, empreint d’appartenance familiale, ethnique et religieuse aux dépens du patriotisme et de l’intérêt national.  Le degré de sécularisation de l’Etat en afrique est si faible que le “monopole de violence physique légitime” est fragmenté et s’éclipse face aux intérêts personnels ethniques et religieuses.  A l’instar de l’incapacité et l’incompétence indiscutables de nos dirigeants, l’immobilisme manifeste de la jeunesse constitue le défaut de cuirasse de notre émancipation.

Il faut remédier aux discordes intestines par une concorde intérieure au lieu d’invoquer méprisablement l’alibi du néocolonialisme extérieur pour justifier notre détresse historique et quotidienne. Le respect ne se mendie pas, ça s’inspire et ça se mérite comme dans toutes les interactions humaines. Il va de soi que dans les relations internationales, c’est la peur qui inspire le respect. Le silence des armes nucléaires est plus audible que les plaintes des diplomates, que les sanglots d’une jeunesse en détresse et inspire le respect à ses détenteurs quels que soient leur niveau de développement. L’élévation ou l’insigne honneur d’un homme, d’une jeunesse, d’un peuple et d’une nation résulte à son intrépidité constante, à sa résilience grandissante et son  obstination immortelle à ne pas s’abaisser aux compromis de son aliénation. C’est ce refus de subordination qui a libéré les vietnamiens, malgré la faiblesse de leurs moyens de résistance, face à la superpuissance américaine. Les russes ne demanderont pas qu’on les respecte  parce qu’ils inspirent déjà le respect aussi bien que les nord-coréens.

Enfin quelles que soient les énergies légitimes portées par le panafricanisme, il faut comprendre que le développement ne se fera pas dans le repli du continent sur soi-même mais dans une coopération internationale juste et propre où les intérêts de chacun sont respectés. Le degré d’interdépendance des États et le niveau d’intégration entre les peuples sont tels qu’aucun État livré à lui même ne peut pas unilatéralement répondre aux menaces qui plane sur lui. Il a suffi des poignées de mains virales et fréquentes à Wuhan(en Chine) pour confiner ⅓ de la population mondiale. Donc, dans un monde en constant  mouvement où les économies sont aussi interconnectées que les peuples, tout Etat qui s’aviserait de s’écarter des usages accoutumés est voué à la décadence et par conséquent, une gouvernance symbiotique et inclusive s’impose nécessairement . A cet égard,  l’afrique et sa jeunesse doivent assumer dignement leurs rôles dans ce concert des nations et des peuples.

Par AMADOU BA Etudiant en master science politique à l’université de lille

Partagez sur :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Yero GUISSE

Blogueur, Activiste, Rédacteur Web et Entrepreneur, Yéro GUISSE est un jeune Sénégalais passionné des nouvelles technologies et des nouveaux médias. . J'essaie à travers ce blog d'apporter mes idées et mes contributions sur la marche de mon pays. Je suis pour un Sénégal des valeurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *