Les jeunes et la politique : un rapport à réinventer ?

La politique peut s’entendre, dans une conception générale, comme l’art de gérer les affaires de la cité. Elle imprègne tous les aspects de la vie au sein d’une société. Elle est aussi vieille que la volonté des êtres humains de coexister dans le cadre d’une communauté. Il n’existe pas de société sans politique ou d’acteurs politiques. En d’autres termes, il n’existe pas de communauté humaine sans organisation, sans règles, sans une répartition des rôles entre des gouvernants et des gouvernés, sans un système de gestion des ressources et sans des acteurs qui s’organisent pour conquérir, exercer et conserver le pouvoir d’administration partielle ou totale de la Cité.
 
Au Sénégal, le constat est général, l’engagement politique est devenu, depuis une décennie, l’affaire de la jeunesse. L’idée que les jeunes seraient proches de la politique est assez largement répandue. Cet engagement des jeunes dans la politique se manifeste dans toutes les instances représentatives incarnées par les partis politiques. En effet, rares sont les partis politiques qui n’ont pas de mouvements de jeunes. Ce phénomène n’est pas nouveau : partout, à l’occasion de révolutions ou simplement de grands mouvements de masses, c’est généralement la jeunesse qui s’est trouvée en première ligne, poussée par son besoin d’absolu, son désir de changement, son courage et son dynamisme. Mais hélas, la jeunesse Sénégalaise est trop « politique » et reste manipuler par des faucons qui sont au crépuscule de leur carrière politique.
Dans un pays où la politique est « reine », les jeunes en font leur principale entreprise. En réalité, le manque d’emplois et la recherche d’une vie facile font que la politique est devenue pour certains un raccourci pour accéder aux prestiges et pour d’autres un métier pour exprimer leurs arrogances. Les jeunes ne vivent plus les mêmes expériences que les générations précédentes : l’intérêt général, le service public et les repères idéologiques. Par conséquent le rapport de la politique n’est plus le même, il s’exprime autour des discours politiciens, de rapports de force ou de règlements de comptes politiques qui continuent malheureusement de témoigner d’un recul profond aux valeurs républicaines et démocratiques. Et pourtant Feu Kéba Mbaye l’avait prévenu une décennie à l’avance en rappelant à la classe politique sénégalaise que : « ce n’est pas la politique politicienne qui développe un pays ».
Au moment où l’émergence cristallise l’opinion nationale, l’apport de la jeunesse sera capital. Mais faudrait-il qu’elle soit soucieuse et prête à relever les défis en s’érigeant en sentinelle pour le respect des valeurs républicaines et démocratiques. Cela passera inéluctablement  par réinventer le rapport des jeunes sénégalais à la politique.

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octobre 2, 2016

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