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Spécial Gamou – le sens et la portée d’une célébration !

Spécial Gamou – le sens et la portée d’une célébration !

La communauté musulmane sénégalaise commémore dans la nuit du 09 au 10 novembre 2019, le Mawlid ou la naissance du Prophète de l’Islam (PSL), appelé « Gamou ».

L’évocation de cet important événement nous offre l’opportunité de revenir sur la véritable signification du Gamou. En effet, le Mawlid est une fête musulmane qui célèbre la naissance du Prophète (PSL), la 12ème nuit du troisième mois (Rabioul Awal) du calendrier musulman.

Le calendrier musulman (l’Hégire) qui est fondé sur 12 mois lunaires de 29 à 30 jours chacun, ne compte que 354 à 355 jours, contrairement au calendrier grégorien (365 à 366 jours). Ce qui explique le décalage de 10 à 11 jours par rapport à l’année civile. En conséquence, il se produit tous les 32 ou 33 ans la célébration de deux (2) Gamous dans la même année civile.

Cette précision étant faite, revenons maintenant sur la véritable signification du Gamou ! Le Gamou, dans sa forme populaire, a été célébré pour la première fois au Sénégal, à Tivaouane, en l’an 1902 (1320 H) par Seydil Hadji Malick SY (RTA).

Cette célébration se situe dans le prolongement de Ndiarndé où Seydil Hadji Malick SY (RTA) avait ouvert un « séminaire de formation des formateurs » ou une « Ecole normale supérieure » pour paraphraser le Professeur Rawane MBAYE.

A Ndiarndé, Maodo Malick SY (RTA) dispensa une formation de haut niveau à plus de deux cents (200) érudits venus de toutes les localités du pays.
Dans la stratégie du saint homme, Ndiarndé devait être le creuset où serait formée l’élite de l’élite qui pourrait l’assister dans son prosélytisme à travers tout le pays. Après leur formation, ces érudits qui, pour la plupart, étaient élevés au rang de « Moukhadams »(Représentants), furent « affectés » à l’intérieur du pays profond.

Maodo Malick SY (RTA) connaissait bien l’organisation administrative du pays de l’époque. Il disait : « Le Gouverneur est installé à Saint-Louis, le Gouverneur Général à Dakar ; à l’intérieur du pays, on trouve le Commandant de Cercle, le Chef de Subdivision, le Chef de Province et, au bas de l’échelle, le Chef de Canton. J’ai l’intention d’affecter, partout où il y a un chef de canton, un de mes représentants ; ainsi, je pourrai remettre en question toutes les décisions prises par l’autorité centrale avant leur application sur le terrain ».

C’est l’une des raisons pour lesquelles Seydil Hadji Malick SY (RTA) émailla l’ensemble du pays de ses représentants formés à Ndiarndé.
Après Ndiarndé, Seydil Hadji Malick SY (RTA) devait s’installer à Tivaouane où il transféra « l’Ecole normale supérieure » qu’il transforma en une « Université populaire» pour continuer à dispenser une formation de haut niveau.

Cependant, parallèlement, le Sage de Tivaouane souhaitait faire bénéficier ses enseignements aux masses populaires.

Et, c’est dans cette perspective que Maodo Malick SY (RTA) décida de sortir la célébration du Mawlid des « chaumières », pour la porter sur la place publique. Nous sommes en l’an 1902.

Il faut noter, au demeurant, qu’il est de notoriété publique que Seydil Hadji Malick SY (RTA), bien avant de s’installer à Tivaouane, organisait le Mawlid à Saint-Louis en compagnie de Mame Rawane MBAYE (RTA).

En donnant un cachet populaire à cet évènement important dans la vie de tout musulman, le Sage de Tivaouane souhaitait porter le message du « meilleur des créatures » auprès des masses sénégalaises. Et, pour confirmer le caractère populaire et festif de l’évènement, il lui donna le nom de « Gamou » ; ce nom emprunté aux « Ceddo » correspondait à une manifestation païenne très populaire à l’époque.

Pour rehausser l’importance de l’évènement, Seydil Hadji Malick SY (RTA) accorda une place privilégiée au « Bourde » dans l’organisation du Gamou ; le Bourde sert « d’avant-première » à la commémoration du Mawlid. Pendant le Bourde qui se déroule durant les dix (10) premières nuits du mois du Gamou, est psalmodié un poème consacré à l’éloge du Prophète de l’Islam (PSL) appelé « Al Burda » (le manteau) par son compositeur Mouhamed Bousayri.

Pour la commémoration du Mawlid proprement dit, lors de la 12ème nuit du mois, c’est le poème composé par Maodo Malick SY (RTA) en l’honneur du « meilleur des hommes », appelé « l’or décanté », qui est chanté et commenté. Ce poème dit « Khilassou Zahab » en arabe, est une très riche biographie du Prophète (PSL).

Le Gamou était également l’occasion pour le saint homme de retrouver ses représentants dans les différentes provinces du pays et de la sous-région, pour faire le point sur la diffusion du message de l’Islam dans leurs contrées respectives : il passait en revue avec eux l’ensemble des problèmes rencontrés et leur donnait ainsi l’occasion d’échanger sur leurs expériences réciproques.

Plus tard, Seydil Hadji Malick SY (RTA) décentralisa le Gamou dans l’espace comme dans le temps. Dans le souci d’une plus grande diffusion du message de l’Islam et de ses enseignements, le Maître avait autorisé certains de ses représentants à organiser le Gamou dans leurs localités d’implantation. Par ailleurs, ses séjours répétés à Dakar qui duraient souvent plus d’un mois lui offraient l’occasion de commémorer avec ses adeptes la naissance du Prophète (PSL).

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Yero GUISSE

Blogueur, Activiste, Rédacteur Web et Entrepreneur, Yéro GUISSE est un jeune Sénégalais passionné des nouvelles technologies et des nouveaux médias. . J'essaie à travers ce blog d'apporter mes idées et mes contributions sur la marche de mon pays. Je suis pour un Sénégal des valeurs.