Macky Sall pour Matam…Par devoir !

« Le silence devient un péché lorsqu’il prend la place qui revient à la protestation et d’un homme, il fait un lâche » disait Abraham Lincoln. J’ai convoqué les propos de ce grand visionnaire qui a présidé aux destinées des États Unis pour justifier cette reflexion, la mienne. Il ne s’agit point du « j’accuse » de Zola mais d’une alerte avec des phrases que je voudrais exquises.

La région de Matam, lors des dernières joutes électorales, a fierement arboré son manteau de « titre foncier de Macky Sall » en offrant un score sans appel au candidat du Bennoo. Il est donc normal de se demander en toute lucidité, ce que le 4e président de la république du Sénégal a fait en retour pour sa « propriété »?

Je me dois de préciser, au risque d’être taxé de nihiliste, que des actes majeurs ont été posés à Matam. Parmi les actes forts du régime dans la 11e région, il y a notamment les réalisations du PUDC et du PUMA (piste de production, electrification rurale, forages, Ambulance…) qui ont eu un impact réel dans le quotidien des populations rurales. Cependant, cette circonscription, érigée en région depuis le 15 fevrier 2002, manque essentiellement de tout. C’est dans cette région dont sont originaires la plupart des souteneurs et bailleurs de première heure de Macky Sall. Ces foutanfais (Ablaye Sally Sall, Khalilou Wague, Farba Ngom, Harona Dia, Aliou Doumbourou…) ont soutenu et financé gracieusement la première campagne presidentielle de Macky Sall en 2012.
Sept années plus tard, Matam tarde à faire sa mue.

L’ISEP, Institut Supérieur de l’Enseignement Professionnel n’est pas encore opérationnel.
Le PRODAC, tant vanté et sensé résorber l’épineuse équation du chômage avec une promesse de 60.000 emplois, est aujourd’hui un éléphant blanc.

Dans les structures de santé, le constat est lugubre. Ce sont les populations qui recrutent le personnel de santé. Dans le domaine de l’éducation, à défaut de construire des salles de classes, L’État constate en spectateur, à chaque année, que le déficit d’enseignants plombe les résultats de l’Académie.

Les travaux de rèhabilitation de la route nationale n2 Ndioum-Ourossogui n’ont pas encore atteint 25% du niveau d’èxècution alors que le Chef de L’État himself avait annoncé en mars 2017 que les travaux allaient durer 1an 6 mois. Les entreprises en charge des travaux avancent à leur rythme sans aucune forme de pression de la part de L’État.

Après avoir offert quasiment le meilleur score au candidat Macky Sall, les leaders du terroir ont le devoir moral d’aller voir le chef de L’État et de lui demander avec courtoisie d' »accélerer la cadence » pour Matam. Cette région, pour avoir été délaissée par les règimes de Senghor et Diouf, mérite une discrimination positive et c’est à la kyrielle de responsables matamois de porter le combat. Ils sont aujourd’hui en mesure de demander plus au Président car ils ont rempli leur part du contrat. Espérons qu’ils chanteront en communion, lors de ce second et DERNIER mandat « Ma bouche sera la bouche de ceux qui n’ont point de bouche. »

Abdou Rahmane Diene
Écrivain, Journaliste Sudfm
Chargé de Communication COSYDEP/Matam

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mars 14, 2019